Biographie Officielle
Après avoir été militaire, chauffeur, éditeur, libraire, diffuseur-distributeur, délégué commercial, chroniqueur littéraire, chômeur et vendeur automobile pour la marque au Lion, Marc Varence occupe aujourd’hui le poste de VRP exclusif pour les éditions Artaud en terre d’Aquitaine (le 33, le 40 et le 64). En parallèle, il consacre ses soirées et ses pauses-cafés à l’écriture. Belge résidant à Soustons, dans les Landes, il se déplace en Citroën 2 CV et n’est jamais le dernier pour disputer une partie de pétanque.
Auteur éclectique, il pose un regard sans concession sur la société. Du recueil de témoignages au roman en passant par l’essai, il joue avec les mots, mais s’attache d’abord à raconter une histoire.
Avec « Méfiez-vous du temps qui passe », son dernier roman, il construit son puzzle à partir d’un arbre généalogique. Une saga familiale revêt un avantage non négligeable : celui de pouvoir s’attacher et s’identifier aux personnages sur plusieurs livres… et sans limite.
Pourquoi l’autoédition ?
Ce n’est pas faute d’avoir essayé de convaincre les maisons d’édition de croire en ce projet. Sur l’ensemble des envois, 70% des responsables des services des manuscrits n’ont même pas jugé utile de répondre. Ni accusé de réception ni refus poli, le délai dépassé faisant office de négation pour le moins condescendante. Cet irrespect pour le travail solitaire de l’auteur est symptomatique. Il trahit la déliquescence de notre civilisation judéo-chrétienne. Le candidat à une publication n’attend pas que le lecteur du comité de lecture s’extasie et se confonde en louanges, mais qu’il daigne, du haut de son piédestal (bien souvent parisien), se soucier un minimum de l’attente parfois difficilement supportable vécue par l’auteur.
Il est bien entendu qu’une immense majorité des textes envoyés aux adresses des maisons d’édition se révèlent désespérants de médiocrité. Mais quelle que soit la qualité du terroir littéraire français, la réponse systématique devrait être obligatoire. L’éditeur a parfois tendance à oublier que sans ses auteurs chéris, il perdrait automatiquement son job. Après tout, l’éditeur n’est qu’un intermédiaire entre l’acte de création et la vente dans toutes les « bonnes librairies ». La source du problème se trouve, je le pense, dans la façon de fonctionner de la quasi-totalité des entreprises. Il est évident que le véritable patron est toujours le client. Aussi les groupes, qu’ils soient industriels, non alimentaires, alimentaires, automobiles, politiques et culturels, se sont-ils alignés dans une démarche marketing uniformisée. Avant de lancer un produit et d’investir parfois des sommes folles en recherche et développement, ils étudient le marché, de multiples manières, anciennes ou modernes (par l’entremise des réseaux). En fonction des résultats, on crée un véhicule qui correspond à la demande, un meuble, un objet du quotidien, une recette de cuisine, une variété de fruit ou… un livre. S’il s’agit de ce dernier, on recherche un style, une patte, un sujet qui collera aux attentes des lecteurs. Si la romance revient à la mode, on créera une collection. Si le public se lasse de la fantasy, on réduit la voilure, etc.
Tout cela paraît évident. Cela permet d’éviter les déconvenues. Si l’auteur d’aujourd’hui ne peut garantir un nombre suffisant de « followers », si sa bobine ne colle pas aux canons de beauté, si l’on peut craindre une impertinence incontrôlable devant les micros, si le style est jugé trop novateur, il sera systématiquement écarté. À juste titre ? Pas forcément. Regardez le monde de l’automobile. Si l’on ne dessine les modèles qu’en fonction des souhaits des consommateurs, on obtient des lignes identiques dans à peu près toutes les marques généralistes. Tous les S.U.V. se ressemblent furieusement. Pareil pour les citadines et les berlines. Les coupés et les petits cabriolets ont été sacrifiés sur l’autel du conformisme. Les plus de soixante ans vous diront qu’il fut une époque où l’on reconnaissait les modèles au bruit de leurs moteurs, à leurs lignes propres à chaque marque. Serait-il possible en 2024 d’imaginer et de commercialiser une 2 CV, une DS 19, une Coccinelle, une Panhard Dyna, une Simca Chambord ? Je ne le crois pas. Certes, cette façon de penser, d’inventer, puis de tenter d’imposer au public généra bien plus d’échecs que de réussites. Mais cela permit de développer des légendes, des mythes. En littérature, on sélectionnait un roman pour son originalité avant de chercher à savoir comment on se débrouillerait pour le vendre. Et peu importait le côté ermite bourru de l’auteur. On s’en accommodait.
Ah, ces lignes éditoriales, ces grands axes, ces tiroirs dans lesquels les livres seront rangés… C’est encore pire en politique. La société ploutocratique française range les individus dans des cases.
Revenons-en à l’autoédition. Quand l’éditeur à compte d’auteur flatte les naïfs, les égocentriques et les cons, les plateformes d’autoédition dressent un cadre structurel. À l’image d’une célèbre compagnie aérienne irlandaise, ces sites proposent un vol aller simple vers la publication pour l’euro symbolique. Le mot « gratuit » crève l’écran. Et comme pour l’avion, tous les à-côtés sont payants. Dans le désordre : modèles de mises en pages, services de correcteurs, services d’éditeurs (éditeurs entre guillemets, car le risque équivaut à zéro), de concepteurs de couvertures, des tutoriels, des propositions de devis, un service clients qui a réponse à tout, une librairie en ligne, une distribution dans toutes les librairies de France et de Navarre, des communautés d’auteurs satisfaits et même des formations en ligne ou des ateliers d’écriture.
- Avantage N°1 : l’auteur novice se sent accompagné, guidé, soutenu par une communauté.
- Avantage N°2 : ces plateformes font leur promotion dans certaines grandes manifestations littéraires. Il est donc possible d’y signer ses bouquins fraîchement imprimés.
Avant toute chose, l’auteur doit se poser LA question : « Pour qui ai-je rédigé ce texte ? » Dans 99,99% des cas, les autobiographies larmoyantes n’intéressent que très peu de monde et, à moins d’être une célébrité, aucun éditeur n’y prêtera quelque attention. Dans ce cas, il est préférable de faire imprimer cinquante ou cent exemplaires en ligne et les distribuer gratuitement aux amis, à la famille ou aux connaissances férues de littérature. Il ne faut cependant pas perdre de vue que le Français lit en moyenne un livre par an. Sachant que les mordus dans mon genre qui achètent une cinquantaine de livres et une autre cinquantaine de bandes dessinées chaque année font grossir la moyenne. La conclusion est évidente : des millions de Français (ou plutôt de francophones) n’ouvrent jamais un bouquin et se désintéressent totalement de la littérature. Parmi ces gens-là, certains sont de gros lecteurs de magazines, journaux, revues professionnelles, en ligne ou en papier. Quant aux autres, ils ne lisent que sur leur pomme, en général des messages, des commentaires ou des « posts » issus des réseaux sociaux.
L’impression à la demande, inenvisageable il y a vingt ou trente ans, a permis de réduire drastiquement les stocks et ouvert de nouveaux horizons. De plus en plus d’éditeurs classiques commencent à y trouver de multiples avantages financiers.
En clair, cela explique pourquoi les plateformes d’autoédition sont devenues incontournables. Certaines d’entre elles se sont rapprochées de grandes maisons d’édition et ont décidé de collaborer. En effet, cela permet d’aiguiller vers ces structures une partie non négligeable d’auteurs dont les textes engorgeaient jadis les boîtes (physiques et virtuelles) des maisons d’édition. Traiter les piles de manuscrits et les milliers de « pdf » est chronophage et impose d’embaucher des lecteurs. Les plateformes se chargent pour partie de ce sale boulot, peuvent fonctionner en tant qu’agence littéraire, récupérer un nombre considérable d’auteurs pour l’autoédition et écouler des ouvrages à partir de leur librairie en ligne. Résultat, tout le monde est gagnant. D’autant que lorsqu’un auteur autoédité réalise un carton commercial, les éditeurs peuvent récupérer la pépite et lui proposer un contrat.
En ce qui me concerne, l’immense avantage de l’autoédition reste la liberté, celle de déterminer une date de sortie, celle de ne subir aucune censure, celle de ne pas devoir s’insérer dans une collection, celle de pouvoir choisir le graphiste qui réalisera la couverture et enfin celle de ne dépendre de personne.
C’est dans cette optique que j’ai délibérément opté pour l’autoédition.
